Laos, au pays des Tigres !
Article écrit le 10 mars 2009




Laos : de Luang Prabang au Nord-est

du 28 février au 9 mars 2009


Train - Le Thaï Express
C'est " pas peu fiers " que nous embarquons dans notre train de nuit qui doit nous amener de Bangkok en Thaïlande à la frontière du Laos. Un avant-goût du transsibérien… et un entrainement !

Dans le wagon, de part et d'autre de l'allée centrale, les sièges sont en " duo ", l'un faisant face à l'autre. Au dessus d'eux, le " chef de cabine " a dégrafé un premier lit couchette, et après une première heure de trajet et déjà pas loin d'une dizaine d'arrêts en gare, il plie les sièges avec une adresse étonnante et… un autre lit couchette apparaît ! Il ne lui reste plus qu'à mettre les draps et nous donner à chacun un oreiller moelleux et une petite couverture, et nous voici armés pour la nuit. Non, non, nous ne sommes qu'en seconde classe !

Nous parvenons à destination au bout d'une nuit assez longue (le trajet devait durer 12h mais il en aura pris 15…). La nuit a été plutôt confortable, même si le sommeil a été en pointillés du fait des multiples arrêts… sur voie, cette fois. Et sans raison apparente, nous nous perdons encore en conjectures : pauses-pipi du chauffeur ? Animal sur la voie ? Voire même véhicule ?... Va savoir.


Transit de Vientiane à Luang Prabang (en bus)
A l'arrivée en gare de Nong Khaï, côté Thaïlandais de la frontière, nous évitons de céder à la tentation de payer (très cher) une agence qui s'occupe " de tout " pour nous faire passer la frontière et nous emmener jusqu'à Vientiane, à 20 Km de là. Nous allons nous débrouiller nous-mêmes…

Nous n'avons plus de photos d'identité pour nos nouveaux visas laotiens mais, peu importe, une thaïlandaise avisée s'est organisée un petit labo photo dans une cabane de tôle, et nous dépatouille la situation. Incroyable ! Nous la payons en Baths (la monnaie Thaï) échangés avec un Croate contre un fond de poche de Dollars Américains… Mais à quoi servent les monnaies uniques ?

Puis le passage de la frontière se déroule sans encombres (comprendre : nous obtenons nos visas, et qui plus est, nous sommes exonérés de bakchich). Nous traversons ensuite le Mékong en bus via le " Pont de l'Amitié " qui relie les deux pays voisins (devenus " amis " après quelques siècles d'histoire mouvementée), et atteignons la gare routière de Vientiane où nous passons l'après-midi entre la salle d'attente (un peu chaude, sous ce hangar en tôle) et un restaurant Karaoké (un peu beaucoup bruyant)…

Le bus de nuit qui nous attend est " spécial ". A deux étages, le rez-de-chaussée est réservé aux bagages… et au fret de marchandises ! Les passagers ayant un billet occupent ensuite les sièges de l'étage supérieur, et les autres… l'allée centrale sur de petits fauteuils en plastique ! (toutefois, à confort spécial, tarif spécial avec abattement de 50% !). Dans la série des échanges interculturels, les chinoises derrière nous se raclent le fond de la gorge toute la nuit et ne supportent pas que l'on incline nos dossiers… Nous parvenons enfin à destination en début de matinée, avec seulement 2 heures de retard et fourbus à souhait.


Ville de Luang Prabang
Cette ancienne capitale du Laos (avant Vientiane) est restée un bien joli gros bourg. Classée au patrimoine mondial de l'Unesco, il n'y a pas de bâtiments hauts, les constructions récentes se font avec les matériaux et techniques traditionnels. De plus, il y a un nombre de bâtiments coloniaux (du temps du protectorat français) et religieux (temples bouddhistes) impressionnant : il y en a véritablement à tous les coins de rue. Il y a même un " Palais Royal ", construit par les français en 1904 et utilisé comme résidence par le roi jusqu'en 1959.
Et le tout repose dans un cadre unique : la ville s'étend sur une langue de terre entre le Mékong et un de ses affluents, la Nam Kane, et est entourée de collines de végétation tropicale ! Cela rend notre séjour et la visite très agréables, et, pour un pays comme le Laos, c'est d'une grande valeur culturelle et historique.

Un éléphant sur qui se balançait : Vidéo


Coups de cœur culinaires
D'abord, on a craqué pour les " Fruit shakes ", les jus de fruits frais mixés avec de la glace. Il en est proposé partout, et du coup… on en consomme tout le temps ! C'est frais, sucré, délicieux et… adductif !
Sinon, la vraie spécialité laotienne, c'est le " Khao Niao ", le riz gluant. Il est cuit au feu de bois (le gaz est très peu répandu ici) à la vapeur dans des paniers, et servi dans des petits pots de raphia. On en prend une boulette, avec les mains, qu'on malaxe, et qu'on mange comme du pain ou en la trempant dans les plats… Nous en sommes devenus fanas.
En fin d'après-midi, des gargotes s'installent sur les trottoirs de certaines rues. Elles proposent des noodles (nouilles de riz) à différentes sauces, des nems et des rouleaux de printemps et… du poisson et du poulet grillé ! C'est un régal !


" Whereyougo? "
Ils sont parfois excédants, ces chauffeurs de tuk-tuks… Comme si on ne les voyait pas ! Dès qu'on est à portée de voix et de vue, on entend " whereyougotoday ? " (vous allez où aujourd'hui), genre, des fois qu'on oublierait de leur demander de nous emmener là où on veut aller… Mais, bon, c'est ainsi et les sourires réciproques font vite oublier ces petits harcèlements.


Voie navigable : Remontée de la rivière Nam Ou (bateau)
Le niveau des eaux est suffisant pour nous permettre de remonter en bateau vers le nord de la province. Nous quittons alors Luang Prabang et vivons une nouvelle journée sur l'eau, d'abord sur le Mékong puis sur la rivière Nam Ou, un de ses affluents. Cette dernière offre des paysages splendides. Elle est beaucoup plus étroite que le Mékong et on longe souvent de hautes parois rocheuses abruptes. Vertigineux, même d'en bas !
Notre chauffeur-pilote guide son embarcation entre les récifs des rapides avec une dextérité sans pareille. Et quand on touche le fond, les passagers (enfin, les mâles seulement) descendent… et poussent ! Simple et efficace. D'ailleurs, il n'est pas rare qu'à cette période, les bateaux restent coincés en amont et ne puissent pas redescendre !

Remontée de la Rivière : Vidéo


Village de Nong Khiaw
Nous arrivons à Nong Khiaw, petit village de montagne du nord du Laos, en fin d'après-midi, le postérieur en compote de ces 8 heures sur " siège dur ". Nous larguons les amarres dans une guesthouse toute simple et proprette. Le village est assez typique et étendu. Il est partagé par la Nam Ou, mais un pont de béton relie les deux parties, ce qui ajoute à son charme. Nous sommes entourés de montagnes et de forêts, le tout baignant derrière le flou artistique d'un voile de brume permanent. Pour expliquer ce phénomène, on hésite entre l'humidité locale et la fumée de brûlis (de déforestation entre autres)… sans doute les deux mon Capitaine.

Sauna, version locale
Le représentant de l'unique agence locale de trekking, Hôm (à peine âgé de 20 ans), tente de nous extorquer des millions (de Kips, certes, mais quand même !) pour nous organiser notre sortie. Nous refusons poliment, et bien nous en prend car le lendemain, nous négocions un tarif honnête avec un indépendant, prof de maths à raison de 12h par semaine, et guide local le reste du temps…

Quant à Hôm, nous le retrouvons le lendemain, assis jambes croisées, à rafistoler une chambre à air de pneu de tracteur au bord de la route. Il fait moins fier que dans son agence " pseudo-fair ", et nous informe qu'il est là devant la maison de son père, herboriste de son état. Et il nous fait visiter les installations du seul sauna de Nong Khiaw et sans doute le seul de toute la province ! Epatant : au dessous d'une bicoque sur pilotis, un feu de bois permet de faire bouillir un baril d'eau, dont la vapeur s'échappe via une concoction d'herbes aromatiques (et secrètes, on est chez le druide du village…) dans un bambou relié à une pièce de l'étage supérieur. Dans la pièce faisant office de sauna, la vapeur est chargée d'arômes mystérieux mais surement bienfaiteurs, et la température monte à 70°C ! Un vrai sauna malin, efficace donc… laotien. Vous l'avez compris, on ne résiste pas à l'envie d'essayer et dès 18h, nous enfilons un sarong et nous faufilons dans le sauna local ! Un grand plaisir.


La montagne, çà nous gagne
Notre projet de trekkeurs, qui prévoyait de nous isoler du monde des humains pendant trois jours pour nous consacrer à la marche en pleine nature, s'envole dès lors que chacun de nous est successivement victime d'une tourista… Un shake à l'eau pas bonne ? On ne saura jamais. On est chouchouté par la famille qui tient la guesthouse : pour une fois que des touristes restent plus de deux nuits !

A peine remis, nous louons des motos pendant une journée et longeons la route (on ne peut pas se tromper, c'est la seule). Cette escapade nous permet d'explorer un peu la région. La route serpente entre montagnes, végétation tropicale, et villages de minorités ethniques dont les enfants nous saluent au passage et les résidants nous accueillent sourire aux lèvres. De nouvelles bien belles images pour la tête.


Frissons
En plus, cette équipée prend des allures de véritable aventure d'Indiana Jones quand nous réalisons que ces décors à la " Tomb Raider " sont aussi le milieu naturel des… tigres ! Et oui, il en resterait encore quelques uns, sauvages, et les autochtones affichent clairement leur fierté sur des panneaux 4 par 3. Manquerait plus qu'on tombe nez à nez (ou plutôt nez à truffe) avec un tigre à la sortie d'un virage !


Nong Khiaw : Partie de pêche
Ils nous faisaient envie depuis longtemps, presque depuis le delta du Mékong, ces pêcheurs sans canne à pêche. Alors, comme l'occasion se présente, nous sautons dessus ! Et nous voici partis avec Oung Phàng, l'herboriste et papa de Hôm, pour une séance de pêche traditionnelle (oui, oui, pas question pour nous de pêcher à la grenade…).
Nous embarquons sur sa barque à fond plat, dont la stabilité n'est pas la première qualité. Après quelques mètres, le moteur s'emballe, le gouvernail se coince et nous nous échouons à vive allure sur le rivage... A peine échaudés de ce naufrage sans gravité, nous repartons jusqu'aux lieux des crimes à venir.

Là, nous découvrons d'abord la technique du " lancer de filet ", qui consiste tout simplement à jeter un filet dont les contours sont lestés par une chaîne, sur les poissons. Pas si facile, il faut d'abord acquérir la technique de préparation du filet entre les mains et le coude. Puis effectuer plusieurs lancers pour que le filet s'étende bien à plat (surface couverte maximale) et le plus loin possible du lanceur (effet de surprise des proies). C'est Damien qui s'avère piger le plus vite et lancer le mieux. Résultat du concours familial : Damien, 2 poissons, Marie-Lise et Bruno : zéro. Y'a pas photo !

Ensuite, Oung Phàng initie Damien à une autre technique. En barque, ils tendent un long filet en partant d'un point de la rive jusqu'à un autre point en aval. Puis ils naviguent quelques minutes à l'intérieur de la zone ainsi délimitée, l'un des compères pagayant, l'autre frappant à coups violents la surface de l'eau à l'aide d'un long bambou. L'objectif est d'effrayer les poissons pour qu'ils fuient sans prendre garde… vers les mailles du filet. Et çà marche bigrement bien ! En une campagne, ils nous ramènent une grosse douzaine de poissons, de quoi agrémenter la soupe du soir…
D'autres inoubliables souvenirs dans notre sacoche.

La pêche pour les nuls : Vidéo



" La Kone " (Au revoir) Laos !
Nous quittons Nong Khiaw et le Laos ce mardi 10 mars. Nous garderons du Laos autant d'images de simplicité, d'hospitalité et d'humanité que du Cambodge. Les maisons de bois et paille, les pilotis, les sourires, les rivières, la végétation tropicale luxuriante, on a tout aimé… et on en garde au moins autant pour la prochaine fois !



La suite… retour au Vietnam, au nord !





Nord Laos - Nong Khiaw

Un avant-goût du Transsibérien !

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Laos


Luang Prabang : Un éléphant qui se balançait..

Ils pêchent après l'école. Masque & harpon artisanal en bambou : la tête dans l'eau et les fesses à l'air !

Nord Laos

Whouaouuu !

Nord Laos - A pied et en Moto !

Frontière entre la Thaïlande et le Laos :
Séquence photo pour nos visas...


Nos CV s'enrichissent ...

Moins drôle, le déboisement...

Laos, nature et découverte !
Article écrit le 24 fevrier 2009



" Sud Laos - Les 4000 îles et le plateau des Bolovens "
du 13 au 21 février 2009


Frontière
Nous ajoutons un nouveau cliché à notre collection de photos de douaniers… L'unique poste frontière ouvert entre le Cambodge et le Laos vaut le détour. Quelques baraquements de bois, des chèvres, une barrière qui ne descend pas jusqu'à l'horizontale et… quelques douaniers corrompus qui nous soulagent d'un dollar chacun, tant à la sortie du Cambodge qu'à l'entrée au Laos. Surement dans le dessein de réduire les inégalités Nord-Sud.


Riz et rizières
De la frontière à notre premier point de chute, s'étendent de part et d'autre de la route des modestes parcelles asséchées, délimitées par des petites digues. Ce sont des rizières… sans riz. Normal, ici, ce n'est pas la saison !
En effet, au Laos, on ne fait qu'une seule récolte par an (contrairement à d'autres pays asiatiques, mais ici, cela semble suffire) : on sème au printemps, on repique en été et on récolte à l'automne. Et l'hiver, on profite…


Si Phan Don (Les 4000 îles)
Dès notre entrée au Laos, nous nous arrêtons dans cette région frontalière, où le Mékong est parsemé d'îles de toutes tailles et de quelques chutes d'eau. Nous jetons notre dévolu sur l'île de Khone, habitée de quelques centaines de familles. Il y a encore peu de temps, ces habitants vivaient en autosuffisance alimentaire et dans des conditions de vie moyenâgeuses.

Mais le tourisme se développe vite. Les bungalows sur pilotis poussent comme des champignons. Les habitants ont bien compris leur intérêt… L'électricité arrive (sous forme de générateurs bruyants de 18 à 22h), donc la télé et tout et tout. Bientôt, il en sera fini des chaudrons au feu de bois, des chemins de terre rocailleuse et des vélos comme unique moyen de transport. Un signe : y'a déjà des trucks (genre polynésiens) pour les groupes de touristes asiatiques (chinois ?) qui traversent l'île de part en part en soulevant des nuages de poussière.

Quant à nous, qu'est-ce que nous sommes bien dans notre bungalow sur pilotis le long du fleuve. Excepté les moustiques, c'est un endroit de rêve… On a même la vue sur le vieux pont de chemin de fer français, entre autres (modestes) restes inachevés de cette époque révolue. Les rails, eux, ont été recyclés en barrière pour la cour d'école !

De notre terrasse, nous assistons au trafic permanent des barques à longue queue : 10 mètres de long, plus 2 pour plonger l'hélice loin à l'arrière, juste sous la surface de l'eau pour éviter qu'elle ne se prenne dans les herbes. Un brin pittoresque.
Et puis, il y a l'immanquable séance de la " toilette ". Chacun, peu avant la nuit tombante, se rend au bord du fleuve, simplement vêtu d'un Sarong ou d'une simple serviette nouée autour du ventre. Et c'est la toilette complète, on ne lésine pas sur le savon et on a l'eau à volonté pour le rinçage !


Ile de Khone : Vidéo

Des origines corses ?
Un dicton prétend que " les Vietnamiens sèment le riz, les Cambodgiens le regardent pousser et les Laotiens… l'écoutent grandir ! ". C'est peut-être un peu exagérer la réputation de nos nouveaux hôtes, mais nous confirmons qu'ici, la vie se déroule plutôt tranquillement, au rythme du fleuve, voire de ses saisons.


Seuil de pauvreté
Avant notre périple, nous avions le sentiment d'être des privilégiés, d'être nés " du bon côté de la barrière ", par rapport à la grande majorité des humains des pays du sud. Au fur et à mesure que nous avançons, et cela se renforce depuis que nous sommes en Asie, nous prenons conscience qu'on peut naître dans un pays du Sud, vivre avec moins de un dollar par jour avec presque rien à soi sauf un toit et de quoi manger et… être heureux, garder sa fierté, son humour, son amour de l'autre. Tous n'ont pas le sentiment d'être nés d'un mauvais côté.
Albert, c'est çà l'Humanitude ?


Ville de Paksé, étape de liaison
Après quelques jours aux 4000 îles, nous rejoignons la ville de Paksé, un peu plus au nord. C'est notre base de départ pour explorer la région… en moto! En effet, depuis qu'on sait comment passer les vitesses (!), on a pris goût à ce moyen de transport. C'est aussi celui qui offre le plus de liberté pour se déplacer jusque dans les coins les plus reculés.
On laisse en dépôt notre chargement de gros sacs de routards dans un hôtel, et on part le cœur et l'esprit légers, la fleur au fusil, avec comme tous bagages un peu de rechange et une brosse à dents. Alors, pas belle la vie ?


Le Grand Prix des Bolovens
Nous voici partis pour quatre jours sur le plateau des Bolovens, cette région agricole qui s'étend à l'est de Paksé à des altitudes de 700 à 1300 mètres. Rassurez-vous, à l'heure où nous rédigeons cet article, nous sommes rentrés, et vivants.

Résumé de la première étape : jusque vers 16h, nous sommes parvenus à rouler entre les averses. Deux arrêts aux stands, sous abris, pour contempler autant de cascades, néanmoins admirables. Derniers kilomètres et fin d'après-midi sur route submergée de quelques centimètres d'eau de pluie… une battante celle-là ! A l'arrivée, chacun pèse deux fois son poids à sec. Dans l'humidité ambiante, Marie-Lise se fait la proie d'une sangsue vorace qui l'attaque au mollet, et tout le monde attrape un bon coup de froid.

La seconde étape reste marquée par le début de la première Tourista asiatique de Bruno. A moins que ce ne soit les suites du coup de froid de la veille ? Allons savoir…
L'itinéraire se faufile entre champs de café, marché villageois et piste traversant plusieurs villages ethniques. Super. Au fait, l'orage est passé, et le beau temps est revenu.


Village de Tadlo
Troisième étape
: boucle contre la montre autour de Tad Lo. Nous remontons le long d'une petite rivière, et croisons successivement trois cascades. Ce sont les enfants d'un village qui nous hèlent du bord de la route et nous mènent pendant une heure de marche à travers les rochers du lit de la rivière, jusqu'au pied de la plus haute des trois (cascades). L'agilité de ces mômes à se frayer un chemin et circuler dans ces roches est étonnante. La vallée est leur terrain de jeu, et quel terrain de jeu ! La nature, au naturel… Nicolas Hulot apprécierait.


On identifie au passage une nouvelle association pour DSF. Il s'agit d'un centre d'éducation à l'informatique pour les enfants du village. Les cours sont dispensés gratuitement. Avec l'arrivée du tourisme dans cette région reculée, le fondateur, Soulideth, cherche à augmenter les perspectives d'avenir de ces mômes. Bravo à lui, il donne un bel exemple d'initiative locale contre la fracture technologique.


Damien et la moto

Ultime étape : au départ de Tad Lo, arrivée à Paksé en fin de journée. Le moment fort est celui où on se remet d'un coup de chaud sur le site d'une cascade où nous sommes… tous seuls ! Le bruit des chutes, et nous. C'est tout.
Damien, rongé par l'envie d'essayer et prétextant fièrement disposer des qualifications requises (ASSR1), s'initie aux épreuves pratiques de conduite d'un deux-roues motorisé ! Après le 4x4 en Australie et la moto au Laos, il ne manque plus que l'hélicoptère en Sibérie…
Cette fois, l'orage éclate… après notre arrivée. Ô Rage pour lui…

Quatre jours, que du bonheur !

Plateau des Bolovens : Vidéo



Les minorités ethniques
Tous les pays du Sud-Est asiatique, du moins ceux que nous traversons, Vietnam, Cambodge et Laos, ont un point commun. Ils sont le siège de petites communautés ethniques, distinctes des principaux peuples à l'origine des états, mais belles et bien présentes sur leurs territoires. Ces ethnies sont dites " minoritaires " compte tenu de leurs effectifs. Les Hmongs, par exemple seraient environ 8 000.
Annamite, Cham, Katou, Katang… Rien qu'au Laos, il a été recensé 68 groupes distincts, tous différents par leurs traditions, coutumes, croyances, langues et… histoire. Quelle richesse !
Pourvu que leurs identités ne soient pas complètement effacées, par force ou malice, et que l'Humanité les préserve. Les enfants qui nous ont guidés vers le pied des chutes d'eau de Tad Phuang sont surement d'un village Katou, si l'on en croit notre observation de l'organisation du village. Nous faisons aujourd'hui une prière : que leurs esprits animistes ne soient pas les seuls à veiller sur eux.


Des M&M's ? Non, du café !
Lors de notre " Bolovens Tour ", tout au long des routes et des pistes, on voit au sol des grands carrés de petites boules de différentes couleurs. Elles sont étendues en tapis au soleil devant les habitations. Du jaune au brun très foncé, il y a toute la palette de dégradés des verts et des rouges. Et bien, ce ne sont pas des confiseries, mais des grains de café en train de sécher !

En effet, la région s'est spécialisée dans cette culture (à l'origine, expérimentée sans beaucoup de succès par les Français au début du 20ème siècle), qui fait vivre aujourd'hui près de 20 000 familles de 250 villages. Le paysage est fréquemment constitué de champs de caféiers à différents stades de leur cycle annuel, de la floraison à la récolte des fruits (contenant les grains).

Les grains que l'on voit le long des routes sont séchés par la méthode " naturelle ", pendant 20 jours. Comme le grain sèche dans le fruit, il donne au café un parfum plus fruité, plus de corps et moins d'acidité. C'est la principale méthode utilisée au Laos, et pour les Robusta. Euh, c'est peut-être sa dégustation dans une eau mal bouillie qui a rendu malade Bruno, qui sait ?


" Thaïlande - Bangkok Surprise " - du 22 au 26 février 2009

Détour
Après le sud du Laos, nous avons prévu de remonter au nord, via Vientiane, la capitale. Mais quand Marie-Lise s'aperçoit de la présence d'une grosseur suspecte dans la gorge, nous décidons à l'unanimité de faire le détour par Bangkok, d'où les hôpitaux sont les plus réputés en Asie du Sud-Est, et oui… il n'est pas vraiment conseillé de tomber malade au Laos.. De toute façon, nous ne sommes plus à 1 000 Km près !

Un coup de barre ? Bangkok, et çà repart !
Quelle ville ! Après ces quatre premières semaines d'Asie du Sud-est, nous apprécions la différence. Lignes de métro aérien, buildings aveuglants, trottoirs praticables, baignoire et eau chaude, commerces aux vitrines alléchantes… C'est un nouveau retour à la civilisation, une bouffée d'air de " Zone Urbaine ", bref, le pied.


Tourisme médical
C'est pas le tout, on n'est pas là " que " pour rigoler. Conformément à l'objet de notre visite, nous nous rendons directement dans l'un des hôpitaux dits " internationaux " de la ville. La façade est avenante, l'entrée digne d'un grand hôtel. L'accueil est anglophone et en quelques minutes, nous avons expliqué notre cas et rempli un formulaire d'identification.

Nous sommes ensuite guidés jusqu'au service d'ORL et dix minutes plus tard, Marie-Lise est installée face à un spécialiste. Il nous livre son premier diagnostic, et dans les 30 minutes suivantes, une prise de sang et une échographie sont effectuées ! Dès les résultats d'analyse disponibles, nous revoyons aussitôt le spécialiste qui nous fait l'analyse en " live " : il nous expose les tenants et aboutissants, nous prescrit un traitement et… nous remet un CD avec l'ensemble des éléments nécessaires au suivi ultérieur, dont les échographies ! La tyroïde de Marie-Lise n'a plus qu'à bien se tenir !!

On n'a pas eu besoin de prendre rendez-vous, il y avait du personnel disponible à chaque fois que nécessaire, du matériel moderne, à chaque poste un " Pro ", on n'a pas eu à revenir pour avoir des résultats… La prochaine fois qu'on a un truc de travers, c'est promis, on revient là !


Sawat di krab (au revoir) Bangkok
Retour au Laos ! La densité des lignes ferroviaires n'est pas folichonne en Thaïlande mais il en existe une pour rejoindre la frontière avec le Laos, d'où nous serons tous proches de Vientiane (capitale du Laos).

Alors, nous sautons sur l'occasion et réservons des couchettes dans le train de nuit de ce jeudi 26 février ! On vous dira si les couchettes étaient dures…


La suite… retour sur le Mékong, au nord du Laos !



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Laos - 4 000 iles

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...

Laos

Marché plateau des Bolovens

Tout le long de notre route

On the road again !

Plateau des Bolovens

Bangkok - Thaïlande

Bangkok