Cambodge, comment ne pas aimer ?
Article écrit le 12 fevrier 2009



"Angkor et la campagne Khmère " - du 3 au 12 février 2009



Route de Phnom Penh à Siem Reap

Nous empruntons une liaison régulière au départ de Phnom Penh pour 6 heures de bus. La route quitte Phnom Penh par le nord, et bifurque ensuite pour contourner le lac Tonlé Sap jusqu'à Siem Reap, le bourg le plus proche du site d'Angkor.
Avant le départ nous nous croyons chanceux d'occuper le premier rang, juste derrière le chauffeur, avec vue sur la route à travers le pare brise (fendu sur 80 cm). Mais la chance tourne… notre chauffeur est un maniaque de l'avertisseur et tout le pays nous entend passer au son du klaxon tout au long des 6 heures de route. On arrive à destination la tête un peu… farcie !

Le Tonlé Sap est un grand lac qui s'étend au nord ouest de Phnom Penh et qui se jette dans le Mékong à hauteur de Phnom Penh. Mais à la saison des pluies, le débit du fleuve est tel qu'il s'oppose à ce déversement et crée un phénomène de reflux qui remplit le lac ! Celui-ci restitue ensuite, tout au long de l'année, son trop plein vers le Mékong, garantissant ainsi un débit continu. Un immense réservoir naturel, et sans pompe !


Ville de Siem Reap
Cette grosse bourgade promue capitale de la province du même nom, tire son rapide développement de sa proximité avec le site d'Angkor. Le tourisme explose ici : on y trouve des restaurants de toutes les nationalités, une boulangerie française, et tout cela à des prix… européens… Mais passé la première impression la ville bourdonne de vie, et offre plusieurs quartiers aux personnalités différentes. Elle est traversée de la rivière Siem Reap qui s'écoule doucement entre ses rues en chantier (toutes en même temps, tant qu'à faire !), et cela lui donne un charme supplémentaire indéniable. On s'attacherait facilement …


Bouddhisme
Introduite vers le 13è siècle, et remplaçant petit à petit l'hindouisme, c'est devenu la religion officielle au Cambodge. La forme ancienne qui prévaut ici professe l'absence de culte, l'athéisme (Bouddha ne voulait pas être déifié) et la méditation pour atteindre le Nirvana… après plusieurs réincarnations. Serait-ce pour cela qu'on se sent en sécurité ?
Dans tous les villages que nous traversons il y a au moins une pagode, toujours bien entretenue, souvent récente (elles avaient été presque toutes rasées par les Khmers Rouges) et située sur un grand terrain avec les logements des moines. Le tout dans une sorte de parc public où les locaux profitent du calme des lieux.

On croise des moines un peu partout, facilement repérables à leurs tenues couleur safran. Ils n'ont pas le droit de travailler et vivent de l'aumône publique. Le régime de Pol Pot les avaient eux aussi persécutés : en 4 ans, ils étaient passés de 60.000 à un gros millier… no comment.


Temples d'Angkor
Capitale de l'empire Khmer du 9è au 14è siècle, puis abandonné par la cour (de l'empereur) en 1430 sous le coup des attaques siamoises, le site n'est plus constitué que de… 287 temples de pierre. Le reste de la ville a disparu, pillé, rongé par la flore tropicale envahissante et du fait que les constructions de l'époque étaient en bois. Il ne reste de cette cité pleine de vie, que quelques fondations de latérite, des tuiles de toitures éparpillées de bâtiments royaux et les temples. Mais quels temples ! Même si on n'est pas féru de vieilles pierres, on ne peut pas rester insensible à ces temples majestueux, parfois imposants et immenses. Des portes d'entrée monumentales, des visages de plusieurs mètres sculptés en haut des tours, les lignes de ces danseuses sacrées (les Apsaras), quelle richesse ! Respect.


Ville de Kratie
Nous quittons Siem Reap après quelques jours pour rejoindre Kratie, au nord-est du Cambodge, non loin de la frontière Laotienne. C'est de là que nous prenons le temps d'élargir notre exploration au-delà de la ville et de découvrir les campagnes Khmères… qui laisseront des traces dans nos esprits.

Kratie s'étend langoureusement au bord du Mékong dont la largeur en cette saison sèche est encore de quelques centaines de mètres. En face, une île peuplée de 600 familles rurales et … d'une Pagode. Nous faisons la traversée sur la barque du couple de passeurs en compagnie d'une équipe de femmes revenant du marché et chargées comme des mules. Certaines d'entres elles sont en habits très colorés, c'est très élégant. Mais ici, on n'appelle pas cela un pyjama ! Notre tour de l'île est un premier bain d'ambiance campagnarde Khmère.

Kratie marché et Ile de Koh Trong : Vidéo


A la campagne
Les jours suivants nous poursuivons l'expérience en louant des scooters et en longeant le Mékong successivement vers le sud puis vers le nord sur une trentaine de kilomètres.
Partout, des routes ou des pistes surélevées de plusieurs dizaines de mètres par rapport au Mékong, pour éviter d'être submergées à la saison des pluies. Comme en Roumanie, on retrouve au Cambodge une route pour tous : vélos, piétons, voitures, motos, charrettes avec chevaux, cars, vaches suicidaires, poules, chiens…

Entre les villages, des étendues de cultures (rizières, maïs, maraichage, tabac…) d'un côté, et de l'autre le Mékong, force tranquille, plutôt propre en apparence et par endroits moucheté d'une multitude de petites îles.
Dans les villages, l'unique piste est bordée de part et d'autre de maisons, toutes sur pilotis. Les murs sont en bois, le plancher aussi et le toit parfois en tuiles. Des ouvertures sans portes ni fenêtres, quelques unes avec des volets. A l'intérieur, pas de meubles ou juste un pour le rangement. Les repas se prennent sur une natte qui doit aussi faire office de matelas.
Au fait, le hamac est probablement né ici… On ne trouve pas deux arbres proches sans hamac tendu entre eux, et chaque marchande à le sien sur le côté de son étal.

Entre Mékong et Campagne : Vidéo


Et puis il y a… les Cambodgiens !!
On rencontre quelques personnes âgées dont certaines parlent encore quelques mots de français, des adultes laborieux et … des milliers d'enfants qui nous saluent systématiquement par un " Hello " et un sourire qui ferait craquer le cœur des plus insensibles. Quand on s'arrête, en quelques minutes on est entouré d'une dizaine de mômes qui nous observent, nous touchent, nous interrogent… leur curiosité saine et attachante nous touche. Les adultes eux, plus pragmatiques, essaient nos lunettes et pouffent de l'effet produit, ou constatent que la peau des blancs n'est pas toujours si blanche !

Quant à Damien, c'est notre animal de foire qui intrigue les autochtones : son acné juvénile, sa taille (l'effronté, il ose dépasser ses parents), ses T-shirts fantaisistes sont autant d'attraits pour les cambodgiens… et cambodgiennes !


Langue et alphabet
L'alphabet utilisé au Cambodge est issu du Sanscrit, et donc parfaitement illisible pour nous !
Heureusement, beaucoup d'indications sont transcrites en anglais (menus, panneaux indicateurs…). La langue officielle est le Khmer et, à force d'échanges avec les locaux, notre vocabulaire se développe rapidement. Quand l'incompréhension domine, nous exhibons notre G-Pa-Lé-Mots (petit livre d'images pour routards sous doués en langues) et les enfants nous énoncent fièrement le mot Khmer correspondant à l'image qu'on leur montre. C'est magique, et si on nous laissait un mois de plus, on finirait par parler couramment.


Les Marchés
Les villes sont le plus souvent organisées autour d'un marché central et couvert (de bric et de broc ou parfois en dur). On y trouve tous les produits frais, légumes, fruits, viande (pas beaucoup), poisson (beaucoup), et même des mouches en liberté … C'est là aussi qu'on peut se procurer toute l'épicerie : hygiène, produits sec, pain, café… Ici la culture du marché prédomine et cela nous fait du bien après 3 mois de sevrage en Nouvelle-Zélande et Australie.

D'ailleurs une pensée pour notre douce Australie qui subit actuellement des feux de foret terribles…


Scolarité
On a l'impression que les trois quarts de la population ont moins de 15 ans !
Aussi, les établissements scolaires explosent. Après avoir utilisé les bâtiments en 2 sessions (matin et après-midi pour des classes différentes, comme en Argentine), il est maintenant parfois nécessaire de repousser les murs… Les classes s'installent alors à l'extérieur de l'enceinte scolaire et investissent tous les lieux disponibles alentour. Du coup il n'est pas rare d'assister à un cours à partir de la rue.

Ici aussi, les enfants, quel que soit leur âge, sont vêtus en bleu et blanc et il n'est pas rare de les croiser en train de rentrer chez eux à pied ou à vélo à la sortie de leurs cours. Y'aurait-y plus qu'en France qu'on aurait abandonné l'uniforme ?
Sinon, la scolarité s'étend normalement sur 12 années, assez logiquement numérotées… de la première à la douzième ! Mais tous n'ont pas les mêmes chances d'aller au bout…


Scooters
C'est le moyen de locomotion le plus répandu en Asie du sud-est, mais c'est aussi un moyen de transport… en commun ! On en a vu en effet chargés jusqu'à 6 personnes.
Et c'est aussi un moyen de transport de marchandises en tout genre. Avant, on n'aurait pas imaginé de charger un scooter avec 10 sacs de 10 kgs de riz ou 25 caisses de bière ni même de 6 matelas ou de 3 cochons… et bien c'est pourtant possible !

Au fait, depuis le 1er janvier, le port du casque est obligatoire pour le conducteur... mais il n'est toujours pas interdit d'écrire un texto d'une main et de conduire de l'autre avec 3 passagers sans casques à l'arrière !

La suite… sur le Mékong, mais cette fois, au Laos !




Mekong, on s'attache !

Cambodge

Notre Mekong !

Temples d'Angkor - Cambodge

On se découvre, on rigole !

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Nénuphars

2 jours en scooter, le bonheur !

Marché Kratie

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Campagne Kratie
 

Le Mekong, entre Vietnam et Cambodge
Article écrit le 2 fevrier 2009



" Delta du Mékong et Phnom Penh " - du 29 janvier au 2 février 2009

Nous sommes heureux d'être sur le continent asiatique, nous appréhendions finalement plus que de besoin notre facilité à nous adapter. Les jeunes parlent quelques mots d'anglais, et les moins jeunes quelques mots de français, alors aidés de quelques gestes nous réussissons à communiquer et apprenons à nous connaître.
Tout au long de notre parcours sur le Mékong nous découvrons une population, tant Vietnamienne que Cambodgienne, spontanée, venant vers nous avec facilité pour nous dire quelques mots, ou juste nous adresser un geste amical, un geste de curiosité d'ailleurs réciproque. C'est donc avec plaisir que nous passons du temps à essayer de discuter.

Un climat de sécurité règne et nous ne nous y attendions pas. Et oui après notre stage intensif en Amérique du Sud…, nous prévoyions à nouveau de nous méfier de tout : surveiller nos bagages, nos poches, nos poignets, et même se méfier de la police… C'est avec grand plaisir que nous prenons nos marques en toute confiance au milieu de cette Asie du Sud-Est accueillante, quelle joie familiale.


Départ de Saigon

Lundi 26 janvier, 8h du matin. Lendemain de fête, le réveillon du Têt était hier soir. Et ce lundi ainsi que les 2 prochains jours sont fériés. Malgré cela, c'est la cohue. Et à part l'homme au micro qui annonce les destinations et numéros de bus en vietnamien (et en anglais mais on ne fait pas bien la différence), personne ne semble savoir quel bus est arrivé et dans lequel monter. Nous parvenons cependant à trouver le nôtre, et nous échappons finalement de cette grosse mais bien agréable agglomération qu'est Saigon. Objectif : rejoindre Phnom Penh, au Cambodge, trois jours plus tard.


Le delta du Mékong
Nous pénétrons la région la plus fertile du Vietnam (le " grenier à riz " du pays), où le Mékong se divise en neuf bras principaux et une infinité de canaux quadrillant le terrain et encadrant la vie des hommes. Ce fleuve prend sa source au Tibet et, après 4 200 kilomètres, vient se jeter là, dans cette province sud-vietnamienne (bien que longtemps territoire khmer).

Notre itinéraire (parfois en bus et parfois en bateau) nous mène pendant deux jours à travers un spectacle étonnant. Les rives alignent les maisons sur pilotis, des embarcations de tous styles, de la petite barque à la péniche de plusieurs dizaines de mètres. Les gens vivent avec le fleuve : on s'y déplace, on s'y lave, on y boit, on y fait la vaisselle, et même parfois… on y jette ses ordures ! Un vrai spectacle. Pour notre part, on ne s'y baigne pas encore, la couleur de l'eau peu attirante nous retient...

Dans un dédale de canaux nous assistons à un festival d'enfants (et de parents) qui sont en joie de nous saluer tout au long de notre passage. Petite halte en campagne, entre villages, vergers de fruits tropicaux : jacquiers, mangues, papayes, ananas, bananes… ou fabrications artisanales de bonbons aux fruits, de galettes de riz et même, de papier de riz ! La journée est bien remplie.


Delta du Mekong : Vidéo


Bus Taxi
A la fin de notre journée nous faisons le trajet jusqu'à Chau Doc (il nous reste 100 km donc au moins 2 heures de route) en bus-taxi-collectif-prévu-pour-douze… Mais-avec-nos-bagages-pas-plus-de-dix… On paye 5 places pour nous trois ! On a l'impression d'avoir ce taxi mini bus pour nous… et nos bagages… Nous nous rendons compte que nos déplacements en Asie vont devenir difficiles avec nos gros sacs. Ici ils sont, apparemment, moins habitués aux gros bus avec des soutes (comme ce que nous avions en Amérique du Sud), nous allons faire attention désormais à nos trajets. Nous dénotons sacrément avec les autres touristes qui voyagent fièrement avec un seul sac de 15 kg maxi !


Tuk-Tuk en Délire
Nous arrivons à la gare de bus courbaturés pour vivre une autre scène typique et bien authentique : la traversée de Chau Doc en motos, Tuk-Tuk motorisés et non motorisés… ben oui faut bien tout ça pour déplacer 2 grands gaillards, 1 cuisinière, 3 lourds sacs à dos, 1 grosse valise de 25 kg et 1 guitare ! (plus un couple d'allemands qui fait le trajet avec nous). Qu'est-ce que nous avons rigolé, bon, nos bagages ont un peu souffert !


Bagages en Délire : Vidéo



Un long fleuve tranquille

Nous choisissons de passer la frontière du Cambodge en transitant toute la journée exclusivement en bateau, en remontant la Mayenne, non pardon, le Mékong. C'est ainsi que durant des centaines de kilomètres nous circulons sur ce fleuve majestueux et encore une fois très vivant.
Nous espérons au petit matin que nos déplacements inter-fluviaux ne seront cette fois-ci pas trop difficiles avec tout notre barda !

Le trajet débute par la traversée d'un village flottant, c'est-à-dire un village où les habitations (ainsi que les fermes, avec chiens, poules et cochons !) sont installées sur des radeaux, et où le moyen de transport est la " barquette ", petite barque sur laquelle sont montées en croix deux rames. Pittoresques tableaux de vie. La communauté de ce village est musulmane, ce sont des " chams ", convertis il y a plusieurs siècles par des marins commerçants arabes. On aperçoit même, en bordure de route, une petite mosquée ! Inhabituel et inattendu dans ce coin perdu d'Asie du sud-est.

Ensuite, notre itinéraire se poursuit, toujours en bateau, en direction du nord, vers la frontière du Cambodge. Le fleuve est décidément une artère majeure de la vie de la région, et c'est pour nous un vrai film. Embarcations de tous genres à profusion, habitations de guingois sur pilotis (on est à la saison sèche, mais le niveau des eaux augmente de plus de deux mètres à la saison des pluies), scènes de vie quotidienne, alternent avec les plaines sans fin de rizières où travaillent des familles à chapeau conique… On ne s'en lasse pas.


Frontière Cambodge
C'est ensuite le passage de la frontière. Nos visas sont obtenus facilement, pour pas beaucoup plus cher que le tarif officiel…
Le Vietnam a apparemment la réputation d'être moins " authentique " que ses confrères soit disant moins " touristiques " (Cambodge et Laos). Ce n'est pas ce que nous constatons après plusieurs jours au Cambodge. La vie au Vietnam nous a beaucoup plus et nous sommes encore très intrigués et gourmands de nouvelles rencontres, nous avons hâte d'y revenir d'ici quelques semaines. A bientôt Vietnam !

Nous poursuivons donc notre route au Cambodge, vers l'amont, et le paysage change. Les habitations semblent plus fragiles, il y a peu, voire pas d'embarcations en dehors des villages, et les plaines sont cette fois occupées par la culture du maïs. Il pousse des pagodes (temples bouddhistes) partout, comme des églises dans les Mauges. Même parfois de façon incongrue, où on découvre au détour d'un virage de somptueux ensembles.

Remontée du Mékong (entre Vietnam et Cambodge) : Vidéo


Phnon Penh
Nous parvenons en fin de soirée à Phnom Penh, capitale du Cambodge, ravis de cette journée de périple fluvial. Nos bagages nous auront posés moins de problèmes, un nouveau rythme et une nouvelle organisation (encore !) voit le jour. Grâce à eux nous assistons à des scènes comiques de " porteurs " souhaitant gagner une pièce au vu de nos nombreux bagages… Ils sont à chaque fois loin de se douter du poids de chacun et les traits (ceci dit toujours souriants) sur leurs visages nous valent des échangent chaleureux.


Coût de la vie au Cambodge
Grande surprise, la vie au Cambodge est plus cher qu'au Vietnam ! Mais comment font les locaux ? Certes les prix ne sont pas les mêmes pour eux que pour les touristes, même avec le marchandage, mais leur pouvoir d'achat reste inférieur à celui des Vietnamiens (c'est un peu comme quand l'Euro est arrivé en France…). Ici les familles ont en général un potager, les jeunes arrêtent leur scolarité assez tôt pour travailler et aider leur famille. Nous dépensons en 1 repas ce que gagne un Cambodgien en 1 journée très bien payée…


Tophe et Vincent
Grand moment, nous retrouvons notre Tophe national (le danseur nantais ex-toulousain expatrié à Montréal), parti avec son cousin Vincent presque au même moment que nous, pour un périple d'un an, mais essentiellement sur le continent asiatique.
Nous passons 3 jours ensemble à arpenter la capitale, et surtout à se raconter des histoires… de tours du monde ! Génial, et on leur souhaite encore plein d'autres bons moments pour la suite de leur aventure.


Le régime Khmer Rouge, vestiges
Territoire du peuple Khmer depuis des siècles, devenu protectorat français sous les coups de boutoirs de ses voisins Thaïs et Viêts, le Cambodge est devenu indépendant par les accords de Genève en 1954.
C'est sur fond de guerre d'influences secrètes sino-russo-américaines, et presque en " dommage collatéral ", que s'ouvre la parenthèse effroyable du régime de Pol Pot et des Khmers Rouges, du 17 avril 1975 à début 1979.
C'est une folie. Idéologique et meurtrière. D'abord, tous les citadins sont déportés vers les provinces agricoles. Vraiment tous, les villes sont vidées. Ensuite, les cadres, enseignants, étrangers, porteurs de lunettes ou de cheveux longs… sont exterminés. Les membres des familles sont séparés, les bibliothèques rasées ou brûlées. Toute forme de savoir est anéantie.
En trois ans et demi, le régime fait 2 millions de morts, soit un tiers de la population initiale du pays.

Ce qu'il reste de visible de cette époque, au-delà du traumatisme, c'est un lycée transformé en centre de torture en pleine ville, où les cellules et le règlement font froid dans le dos (il est interdit de crier pendant la torture…), les fosses communes du camp d'extermination situé à une dizaine de kilomètres (voir le film La déchirure)… et quelques dirigeants repentis.

Les 30 dernières années, dites de réconciliation, n'ont pas tout effacé. Et heureusement, car même si c'est glauque, ces marques œuvrent comme une mémoire anti-négationniste.


Tuk-tuk à Phnom Penh
La capitale cambodgienne n'est pas si grande, mais quand nos jambes nous lâchent, il est très facile de héler un Tuk-tuk ! Il s'agit d'une petite moto à laquelle est harnachée une remorque permettant de charger quelques passagers. Genre pousse-pousse, mais en plus moderne ! C'est plus cher qu'une moto-dop (une moto faisant office de taxi), mais plus économique à trois. Seul inconvénient, cela ne permet pas toujours d'éviter les embouteillages…


Pagodes
On n'a pas fini d'en voir… Pour l'instant, la plus belle, c'est la Pagode d'Argent, située sur le site du Palais Royal (où vit Sa Majesté le Roi). Elle est dallée de plaques d'argent, et des centaines de représentations du Bouddha dans toutes les matières imaginables sont exposées.


Damien en Asie
La taille de Damien fait beaucoup rire les Cambodgiens !! Et oui il est plus grand que nous et qu'eux (ce qui n'est pas difficile car ce sont vraiment des petits gabarits). Sa taille et sa jeunesse lui valent quelques sourires féminins…
Demain nous partons pour le nord, que de surprises nous attendent Angkor !!! Nous avons hâte.


L
a suite… Angkor et toujours !




Rives du Mekong - Vietnam

- Vietnam

Sur les rives du Mekong - Vietnam

- Remontée tranquille du Mekong

- Elles sont où les photos ?

Au Cambode en TukTuk on rencontre des vélos...

Palais Phnom Penh - Cambodge
-
Phnom Penh - Cambodge

- Rives du Mekong

Quelques jours à Phnom Penh

Chams - Vietnam

Prison Khmers Rouge - Règlement
Cliquez pour agrandir

Good Morning Vietnam !
Article écrit le 26 janvier 2009


" Saigon " - du 18 au 26 janvier 2009


Saturday night fever !
Retour en hémisphère nord. Nous arrivons en début de soirée à l'aéroport de Ho Chi Minh Ville, et faisons nos premiers pas sur ce continent, l'Asie. Un ange (bridé) passe. Le chauffeur du taxi de l'hôtel que nous avons eu la prudence de réserver est ponctuel. Il est obligé de forcer un peu pour faire entrer nos bagages dans son coffre, mais il aboutit fièrement. Ensuite, c'est parti pour la longue traversée de la ville, en direction de notre hébergement.

Il fait nuit, un peu lourd et humide, ce qui tranche avec la chaleur sèche de Sydney où nous étions il y a tout juste quelques heures. Les vitres baissées, notre véhicule traverse de part en part cette agglomération de plus de 9 millions d'habitants et… 3 millions de deux-roues ! Il y en a des centaines autour de nous qui pétaradent. Aux feux, d'ailleurs invisibles derrière cette meute, c'est un vrombissement hallucinant. Et puis, on ne peut pas se tromper, à voir les visages sous les casques et sur les trottoirs, nous sommes bien en Asie !

Quartier " Routard "
Notre hôtel est placé en plein cœur d'un quartier où se situent toutes les commodités pour touristes à petits budgets. Et la chambre qui nous a été gardée est agréable,


Décos pour fêter le Nouvel An


Ho Chi Minh



assez grande et confortable, et surtout suffisamment au calme. On va pouvoir y éventrer tranquillement nos sacs à dos, et Damien entamer sa quête du savoir des grands penseurs asiatiques. La cerise sur le gâteau : il y a une petite télé, et on capte TV5 ! Un bon début.


Langue
Le viet na mien est une lan gue mo no syl la bi que. Cà veut di re qu' au cun mot ne fait plus d'une syl la be. Et en plus, elle est " tonale ", c'est-à-dire que chaque voyelle peut être prononcée de plusieurs façons différentes.
Pourtant, cherchez un point commun avec le français ! Et bien, curiosité de l'histoire, l'alphabet utilisé est latin, le même que le nôtre.


Ho Chi Minh

Alexandre de Rhodes, un missionnaire venu d'Avignon au début du XVIIème siècle, a inventé le quôc ngu', cet alphabet phonétique encore utilisé aujourd'hui. Petite différence (mais de taille car les petits ruisseaux font les grandes rivières…), les accents ! Ici, pour refléter les tons (la durée et l'intonation des voyelles), on a dénombré près d'une quinzaine d'accents différents : aigus, graves, circonflexes, points d'interrogation au dessus de la lettre, apostrophes, et toutes combinaisons imaginables… C'est incompréhensible, mais qu'est-ce que c'est joli.


Saigon - Ho Chi Minh Ville
Petit port khmer, devenu plus tard cité annamite, puis capitale de Cochinchine, la ville de Saigon a été rebaptisée en 1975 au nom de l'oncle Ho Chi Minh, leader de la lutte communiste pour l'indépendance puis la réunification du pays. Mais tout le monde perpétue l'usage du nom de " Saigon ", dont les connotations à l'exotisme sont sans doute plus fortes.

C'est une grande agglomération, dont nous n'apercevons, à pied, que l'infime partie bordant le centre.
Les voies de circulation grouillent de scooters de toutes marques, l'atmosphère est colorée des gaz d'échappement et le fond sonore est assuré par un vacarme ahurissant de moteurs et avertisseurs. Les larges trottoirs (généralement défoncés) sont le siège de marchands et gargotes de tous poils. Hormis pour la restauration, le commerce est organisé géographiquement : il y a la rue des ordinateurs, celle des coffres-forts, le carrefour des couturiers, l'impasse des maroquiniers ou encore l'avenue du matériel médical. Pratique, non ?

En résumé, on se sent bien dans cette ville qui vit, qui bouge, qui sue … Et malgré le niveau de vie manifestement très bas, on se sent plutôt en sécurité. Côté climat, il semble qu'on ait bien visé entre les moussons. Il fait beau et chaud, mais l'humidité est supportable et… pas de pluie à l'horizon.

Ho Chi Minh : Vidéo
Attention les oreilles !!


Lindy Hop
Et oui, même aux confins de l'Asie, cette danse nord-américaine est représentée. En effet, des expatriés canadiens sont à l'origine de la création de cette petite communauté. Nous faisons leur connaissance mercredi soir, alors qu'ils se réunissent en haut d'une tour de 15 étages en bordure de la rivière de Saigon, pour un entrainement dansant.
Nous sommes accueillis de manière très sympa. La plupart des participants est d'origine extra-vietnamienne, et on y parle volontiers français et anglais. Si vous passez par là, allez-les voir, vous profiterez d'une bonne soirée !

Nos menus vietnamiens
Cette rubrique est dédiée à Michèle et Gilles. Aussi, si cela ne vous inspire pas, pouvez-vous passer directement au prochain paragraphe…

Au petit déjeuner, on ne change pas les bonnes habitudes, c'est l'incontournable café filtre (ou plutôt passoire, âprement négociée au fin fond péruvien) et le bol de lait en poudre au chocolat. En prime, tartines de confiture pour Damien, et parfois yaourts (héritage de la colonisation française) et/ou fruits pour les autres (les " petits ").

Pour le déjeuner, nous faisons marcher le commerce des étals de rues et nous mangeons… du riz ! Souvent agrémenté d'un morceau de protéines sous forme de brochettes, fine côte de porc, cuisse de poulet.

Au dîner, nous alternons noodles (nouilles asiatiques) et potées de légumes négociées sur le marché. Pas de viande, pour ne pas attirer l'attention du personnel de l'hôtel, par des odeurs alléchantes mais suspectes. Ensuite, plateau de " Vache qui rit " (le seul fromage français que l'on trouve d'Argentine au Vietnam, en passant par le Chili et l'Australie), puis des fruits locaux. Entre autres, on a adoré le " fruit du Dragon "…


Marchandage
Nous renouons avec les techniques de négociation à la volée. Les bases acquises lors de notre stage péruvien reviennent vite… A la vue de notre couleur de peau, on nous annonce souvent les prix en dollars. Nous indiquons ensuite que cela ne nous parle pas, et imposons d'avoir un prix en Dongs, la monnaie locale. On gagne déjà 30%. Ensuite, en fonction de ce dont il s'agit, des légumes sur le marché ou un vrai-faux briquet Zippo, le prix peut descendre de 10% à… 800% ! Pour le quotidien, il existe des magasins d'état (nous sommes en pays d'économie socialiste) et ceux-là affichent les prix pour nous donner les ordres de grandeur réalistes locaux.


Communication
Comme on n'est pas (encore) très fort en langue vietnamienne, il n'est pas toujours facile de communiquer.
Par exemple, on n'a pas acheté de carte téléphonique car on n'a pas réussi à savoir si on pourrait appeler la France, ni a fortiori pendant combien de temps…
Et Damien évite la viande lorsqu'on déjeune à l'extérieur, ne pouvant avoir de certitude sur le fait qu'on ne nous serve pas… du chien !


Cu Chi
Nous nous rendons sur le site des tunnels de Cu Chi, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Saigon. Cette zone est parcourue de près de 200 Km de boyaux et tunnels souterrains ayant servis aux Viêt-Cong dans la guerre contre les américains.
On y découvre différentes techniques de cachettes, de quoi rendre fous ceux qui jouaient le rôle du " loup ".
Et, plus lugubre, toute une série de pièges mortels destinés à l'origine à la chasse, mais transformés pour s'adapter à la lutte et au harcèlement des troupes américaines. On en frissonne encore.

Histoire
Les occupants actuels du pays seraient venus du sud-est chinois, il y a bien longtemps, alors que leurs prédécesseurs seraient, eux, les ancêtres des aborigènes australiens et des papous.
Depuis notre ère, le Vietnam a connu 1000 ans de domination chinoise, puis une succession de dynasties locales pendant 900 ans entrecoupées de luttes locales interethniques (Chams, Khmers, Viêts…).
En 1885, c'est l'instauration du régime colonial français sur toute l'Indochine, qui s'achèvera de haute lutte en 1954 par les accords de Genève. Et une première partition du pays entre nord (régime communiste) et sud (régime téléguidé par les Etats-Unis).
Les troupes françaises à peine évacuées, les américains s'installent peu à peu au sud pour contrer l'avancée communiste. Avec l'escalade guerrière qui suivra et ne s'achèvera qu'en 1975 par la défaite américaine et un bilan effroyable. On vous passe les détails du " Musée des vestiges de la guerre ", mais le pays est " marqué " pour longtemps.
De 1975 à 1991, le régime communiste nord-vietnamien prend possession du sud, ferme les frontières et se lance dans des purges staliniennes atroces. Pour cette période, nous n'avons pas trouvé de " Musée des vestiges "... C'est l'époque des premiers " boat people ", ces malheureux commerçants, lettrés ou dissidents politiques qui préfèrent embarquer par milliers sur un rafiot pour fuir le pays, au péril de leur vie et de celle de leur famille.
Depuis 1991, la " Perestroïka " russe a touché le pays et les frontières sont rouvertes. Le régime s'assouplit, l'économie se transforme, et sans modèle préconçu (ni chinois, ni russe)… Affaire à suivre.


Traverser la rue : Le magazine de l'extrême
En cherchant bien, on peut parfois observer au sol quelques vagues traces de passages cloutés… Mais ceux-ci font l'objet d'une parfaite ignorance de la part des conducteurs, et traverser une rue est une discipline qui demande courage, abnégation, pardon, patience et surtout, la foi !
La technique consiste à avancer tout doucement, centimètre par centimètre, en restant en ligne les uns à côté des autres pour perturber le moins possible la fluidité du trafic : les scooters nous frôlent devant, derrière, mais notre lente progression leur permet de dévier suffisamment avant… le choc ! Le soir du réveillon, c'est encore plus difficile, et nous avons les doigts de pieds un peu plus plats qu'avant.
Nous restons optimistes, à l'heure où nous écrivons cet article, aucune perte n'est à déplorer.


Le Têt
Lundi 26 janvier 2009, c'est la fête du Têt, le jour de l'an vietnamien (nouvel an chinois en Chine). C'est le début de l'année lunaire, et celle qui débute est celle du bœuf. Tout un programme !
C'est l'occasion pour les vietnamiens de grandes festivités (même si, crise oblige, celles-ci soient moins impressionnantes que l'année passée nous dit-on), et de 3 jours fériés !
Nous passons le réveillon en bains de foules, sous les rues éclairées de lampions et entre les allées du marché aux fleurs (ils en raffolent). Les stands de vendeurs de riz de toutes les couleurs (on a adoré le sucré à la noix de coco râpée !), de brochettes, de fruits de mer en tous genres ont envahi les rues… Epoustouflant ! Au grand dam des quelques voitures et millions de scooters pour lesquels aucun plan de circulation particulier n'a été prévu…

Développement Sans Frontières, du nouveau
Au Pérou, nous avions identifié l'association des habitants de Cajuca, village-bidonville limitrophe de Nazca. Cette association bouillonnante d'idées avait ensuite été agréée et répertoriée par DSF.
Et bien, il y a quelques jours, un Volontaire est parti les rejoindre sur place pour une mission exploratoire d'un mois ! C'est génial. Un grand bravo à tous les maillons de cette chaine de volontariat.

 

La suite… dans le delta du Mekong !


Un endroit frais en ville !

La -


Quoi, y'a un truc qui cloche ?!!

Décorations pour la fête du Tet

Musée Cu chi

On se régale !


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2è Quoi ?!!